FOUSSOUBIE et autres cavités voisines (Ardèche, France)                              www.foussoubie.fr

 

 

PAGE : Mise en ligne 27.04.2020 - Mise à jour 12.11.2020 - 633 visites au 31.10.2020

Goule de Foussoubie
Juin 1963 - Accident des Lyonnais


Patrick LE ROUX
Page et pdf mis en ligne simultanément le 27.04.2020
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Avec le recul, essai d'analyse

Dossier de presse juin 1963

Liste des articles

Autres documents


 Avec du recul ! Essai d'analyse.

  Quelles questions et quels enseignements pouvons-nous retenir de cet accident ? Qui, d'ailleurs, pourrait se prévaloir d'un tel droit ? Avec le recul et sans avoir été ni acteur, ni témoin, les lectures des divers témoignages et leur analyse croisée m'autorisent-elles ce privilège ? Pas sûr, néanmoins, je vais essayer d'en tirer quelques leçons.
  La goule de Foussoubie venait d'être considérablement agrandie depuis le passage au printemps 1959 du siphon 0 par Jacques Noël et les explorations consécutives du Spéléo-Club de l'Université Catholique de Louvains (SCUCL), du Spéléo-Club International Senior (SCIS) et du Spéléo-Club de Lutèce (SCL). Dire qu'elle était alors vraiment connue était certainement prématuré. Cependant, les troncs d'arbres coincés dans les plafonds, loin à l'intérieur de la Goule, ne prétaient déjà pas à confusion : la Goule était à juste titre, considérée comme dangereuse pour ses crues subites. Son nom "Fontsubit", donné depuis des lustres par les occupants de ce territoire, le prédisait déjà.
  A l'époque, les spéléos qui l'exploraient campaient sur la prairie de la rive gauche de la Planche, terrain appartenant à la ferme de la Rochette. J'ai à plusieurs reprises entendu M. PESCHAIRE, le fermier des Ségrières sur la rive droite, être allé prévenir cette équipe de Lyonnais de pluies annoncées. Les agriculteurs savaient alors prédire approximativement le temps à venir. Mais ce week-end de Pentecôte, le ciel était au beau, les spéléos choisirent de maintenir leur projet d'exploration et de bivouac préparé de longue date. Auraient-ils dû y renoncer ? Sans doute, en connaissant la suite, mais pas au vu de la météo apparente et des marmites asséchées de l'entrée.
  Pendant l'accident, le principal reproche qui leur fut fait, était de ne pas avoir installé de ligne téléphonique. Pour avoir vécu son utilisation dans les années 70, faut bien admettre que son fonctionnement était très aléatoire et son installation bien fastidieuse. Le fil n'alla jamais au-delà des chenaux, à une demi-heure de la sortie, autant dire inutile. Cet instrument a complètement disparu des expéditions spéléologiques par la suite.
  Les orages se déclenchèrent le matin du lundi de Pentecôte et surprirent tout autant les spéléos de la Goule que les campeurs des bords de l'Ardèche. Ils pensaient avoir le temps de sortir précipitamment. Mais malgré, ou à cause des sols désséchés, les eaux se précipitèrent dans l'entonnoir du bassin imperméable de Vagnas. Nous l'avons aussi observé à mi-aout 1976 où un orage inonda entièrement l'entrée. La Goule venait juste d'être déséquipée et nous avions en tête le "réputé orage du 15 août" ! A quelques jours près, des équipes auraient pu se trouver loin à l'intérieur.
  Jacques Delacour est décédé d'un accident de deltaplane en 1974. Émile Cheilletz est resté fidèle à la Goule, il fut un membre actif du Groupe de Recherches Biospéléologiques et un soutien des explorations ultérieures.
  J'affirme, je le répète, je radote même, la Goule est un piège où le torrent peut se précipiter très rapidement. Terrains secs, ou à l'inverse déjà gorgés des pluies précédentes, le moindre orage peut rapidement entrer dans la cavité. UNE SEULE RÈGLE : si des pluies sont annoncées, IL FAUT ABSOLUMENT ÊTRE HORS DE LA GOULE !
  Espérer se réfugier en hauteur est un leurre. L'eau monte régulièrement à 8 m de hauteur, parfois plus, le Camp de Base idéalement situé au milieu du réseau vers le km 4, n'est qu'environ 12 m au-dessus du lit du cours souterrain et s'il n'est qu'exceptionnellement inondé, il l'est tout de même de temps en temps. Il n'est qu'à 1h30 de la sortie. Les abris sont rares, distants, pas suffisamment élevés et peu confortables, mais surtout, LA VAGUE DE CRUE AVANCE SI RAPIDEMENT (sondes Reefnet installées sur la période 2010-2011) qu'aucun spéléo ne saurait y échapper.
  L'Ardèche est une contrée merveilleuse, au régime méditerranéen, c'est-à-dire avec de longues périodes de beau temps stable, y compris en hiver. Les Lyonnais, en 1963, furent surpris par l'ampleur et la spontanéité de la crue, deux d'entre eux en payèrent cash le prix fort ! Alors en souvenir de Jean et Bernard, si pluies annoncées, visitez plutôt les quelques autres 4500 cavités ardéchoises, toutes, loin de là, n'ont pas les mêmes risques, attention, certaines oui.

(avril 2020)

Dossier de presse juin 1963 (84 articles)

  L'accès à la presse ancienne n'est pas un long fleuve tranquille. Les premiers auxquels j'ai eu accès sont ceux de M. et Mme PESCHAIRE. Marcel MEYSSONNIER fut aussi une source précieuse avec sa collection déposée ensuite au Spéléo-Club de Villeurbanne. Bien plus tard, Daniel ANDRÉ me communiqua une copie de sa collection. Très tôt, par rapport aux possibilités informatiques, Jean-Claude FRACHON mit à disposition sur son site juraspeleo.fr ceux dont il disposait, avec la qualité (grain) de l'époque. Quand je le pus, j'ai consulté des exemplaires à la BNF, hélas, seulement en microfilms d'une qualité plus que médiocre ! Enfin, en 2015, par l'intermédiaire de Louis Berger, c'est la collection de Jacques FIQUET qui me fut mise à disposition pendant un moment. Quelques recherches internet mirent en évidence quelques autres articles. Les sources sont donc variées, disparates, parfois incomplètes ou tronquées : par exemple le bout d'article dépassant du classeur et non déplié pour sa photocopie !
  Des recherches ciblées dans les archives des journaux aurait sans doute permis de découvrir d'autres articles. Auraient-ils apporté du nouveau ? Peu probable, car généralement repris des communiqués de l'Agence de Presse (AFP aujourd'hui), seuls quelques journaux locaux ayant envoyé leurs journalistes sur place. En toute logique, leur production est la plus intéressante car imprégnée de l'ambiance et accompagnée de photos. Parmi ces envoyés spéciaux, il y eut Michel CROCE - SPINELLI qui écrivait pour le régional L'Écho - La Liberté et le national France Soir, Jean-Paul PAULET, Maurice TINGAUD, Jean-Jacques LEPINAY, Noël LIÈBER et Julien DALMAS au Dauphiné Libéré, Paul CHAPPEL, André GRIFFON, Jacques SERVERIN et Bernard SCHREIER pour Le Progrès, Pierre BOIS pour Le Figaro, Georges VERMARD pour L'Écho - La Liberté. Je n'ai pas pris la peine de rechercher dans ma presse régionale pourtant plus accessible par proximité. Au contraire, on pourra me reprocher de ne pas avoir été plus sélectif et de vous proposer la presque totalité de ce que j'avais pu réunir.
  Pour ma part, j'ai trouvé intéressant de découvrir leur variété, parfois leurs informations erronées à cause de l'urgence rédactionnelle du quotidien, les hésitations, hypothèses diverses et autres apartés inévitables. J'ai donc préféré vous mettre à disposition cette variété, nul n'est alors obligé de tout lire ! Certains auteurs peuvent avoir une écriture un peu lyrique, que l'on peut d'ailleurs aimer, ou pas ! On constate que les textes des Agences de Presse sont plus neutres, plus condensés. Qu'ils soient des mêmes auteurs ou des équipes rédactionnelles, c'est sans doute la règle du genre. J'ai trouvé la série du Dauphiné Libéré comme étant à la fois la plus homogène, la plus complète mais malgré tout avec plusieurs "regards" par le nombre des auteurs. Si vous devez survoler ces documents, je vous recommande cette série. Celle du Progrès est aussi intéressante, ainsi que la série France Soir concernant le récit des rescapés après leur sortie : série de 3 articles titré "Récit exclusif". On peut supposer (simple hypothèse) que cette exclusivité avait peut-être été monnayée à leur sortie le vendredi 7 juin, mais une conférence de presse à tous les journaux eut lieu à l'initiative du CAF de Lyon dans leur local lyonnais : «Les dirigeants lyonnais du Club Alpin Français voulaient ainsi fournir à l'ensemble de la presse, sans exclusive aucune, les éléments d'information complets sur un drame qui, on le sait, a frappé cruellement deux familles.»
  Après le 10 juin, ce sont essentiellement quelques commentaires à postériori, et la récupération des deux corps pour les articles des 18 et 19 juin. Les précisions de Gérard PROTAT, groupe spéléo Vulcain, dans Le Monde du 4 juillet sont importantes vis-à-vis de la météo.

4 juin 1963
- Le Dauphiné Libéré
- Le Progrès
5 juin 1963
- Le Dauphiné Libéré probable
- Le Dauphiné Libéré
- France Soir 7e
- France Soir dernière heure
- L'Écho
- Le Figaro
- Le Progrès (Lyon)
- Le Progrès (Jura)
- Midi Libre (Lozère)
- Midi Libre (Jura)
- L'Est républicain
6 juin 1963
- France Soir
- Le Monde
- Le Dauphiné Libéré
- L'Est Républicain probable
- L'Est Républicain
- L'Écho
- Le Progrès 2
- Le Progrès 1a
- Le Progrès 1b
- Le Progrès 5
- Le Progrès 4
- Le Progrès 3a
- Le Progrès 3b
- Le Figaro
- Midi Libre
- Quotidien indéterminé

7 juin 1963
- France Soir
- Le Monde
- Le Dauphiné Libéré
- Le Figaro
- Le Progrès
- Midi Libre
- L'Est Républicain probable
- L'Est Républicain
- L'Écho
- La Dépêche
8 juin 1963
- France Soir 7e
- France Soir 8e
- France Soir dernière heure
- France Soir toute dernière et spéciale
- Le Dauphiné Libéré A
- Le Dauphiné Libéré B
- Le Dauphiné Libéré probable
- Le Monde 1
- Le Monde 2
- L'Écho
- La Dépêche
- L'Est Républicain
- Midi Libre
- Le Progrès
- Quotidien indéterminé 1
- Quotidien indéterminé 2
- Wellington Daily News (USA)
9 juin 1963
- France Soir
- Le Journal du Dimanche
- Le Progrès
- Midi Libre
10 juin 1963
- Le Progrès
- L'Écho
- Le Monde

11 juin 1963
- France Soir "Récit exclusif" 1/3
12 juin 1963
- France Soir "Récit exclusif" 2/3
13 juin 1963
- France Soir "Récit exclusif" 3/3
14 juin 1963
- Le Dauphiné Libéré
15 juin 1963
- Paris Match
- Réforme
- La Sentinelle (Suisse)
- Triunfo (Espagne)
16 juin 1963

- Le Patriote illustré (Belgique)
18 juin 1963
- Le Progrès
- Le Dauphiné Libéré
19 juin 1963
- France Soir
- Le Dauphiné Libéré
- L'Écho
- Le Progrès
- Midi Libre
- L'Est Républicain
- Le Monde 1
- Le Monde 2
20 juin 1963
- L'Est Républicain
24 juin 1963
- Le Dauphiné Libéré
4 juillet 1963
- Le Monde

21 juin 2020
- Le Dauphiné Libéré du Dimanche
+ Lien film des actualités 1963


Autres documents
- LETRONE Michel (1963) L'accident de la Goule de Foussoubie (Ardèche) - CAVAILLÉ Albert (1963) Note du Président dans Spelunca n°1963-3
- LAVIGNE Jean (1963) Pentecôte 1963 - Accident à la goule de Foussoubie dans Sorties pour le compte de la Société Dauphinoise de secours en montagne S.D.S.M.
- FÉNIÈS Jacques (Dr) (1965) Météorologie et spéléologie - Schéma de l'organisation des secours à la goule de Foussoubie du 3 au 8 juin 1963. Spéléologie et médecine ; Masson & Cie, Éditeurs
- RIAS Pierre (1981) Pourquoi jean-bernard ?- La tragédie de Foussoubie dans -1455 mètres et après ?
- RIAS Pierre (1991) 1963 - Foussoubie dans Le gouffre Jean-Bernard -1602 m

Info ajoutée le 21.06.2020
Trouvé sur le web, 2 documents relatifs à l'accident de juin 1963

• un article de Sylvaine ROMANAZ dans le Dauphiné Libéré du dimanche 21.06.2020 (rétrospective)

Les disparus de Foussoubie :

il faut sauver les jeunes Lyonnais

Chaque dimanche le Dauphiné Libéré vous fait revivre un évènement du passé.
Aujourd'hui, le récit d'un accident de spéléologie, en 1963 en Ardèche.

• et dans celui-ci, un lien vers un film des actualités du 7 juin 1963 mis à disposition par l'agence REUTERS.

 

 

DOSSIER de PRESSE

La presse du jour publie les informations connues la veille au soir.
Mardi 4 juin 1963
  

De violents orages s'abattent sur l'Ardèche le 3 juin 1963, au matin du lundi de Pentecôte. Des campings sont envahis par la rivière Ardèche.
Une équipe de cinq spéléologues lyonnais du groupe Vulcain qui bivouaquait dans la goule de Foussoubie, n'est pas ressortie alors que le ruisseau se met en crue. Leur équipe de surface alerte les secours.

 


Le Dauphiné Libéré

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Le Progrès

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Mercredi 5 juin 1963
  La pluie ne cessant pas, les cinq spéléologues sont toujours bloqués par les eaux de la goule de Foussoubie. Les secours s'organisent, mais impuissants, l'inquiétude s'installe.
  Des messages inscrits sur des bidons vides sont lancés dans le torrent, évalué à 3 m3/s. « Restez sur la plate-forme, on arrive. »
  Les spéléos sont identifiés : Jean DUPONT, 21 ans, Émile CHEILLETZ, 24 ans [22 ans en fait], Aain BESACIER, 24 ans, Bernard RAFFY, 27 ans et Jacques DELACOUR, 18 ans, tous membres du groupe Vulcain du Club Alpin Français de Lyon.
  Des pompes ont été apportées sur place, mais l'eau est encore beaucoup trop abondante.


Le Dauphiné Libéré (probable)

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Le Dauphiné Libéré
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France Soir 7e
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France Soir dernière heure

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L'Écho
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Le Figaro

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Le Progrès (Lyon)

17 téléchargements au 31.10.2020

Le Progrès (Jura)

16 téléchargements au 31.10.2020

Midi Libre (Lozère)
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Midi Libre (Jura)
12 téléchargements au 31.10.2020

L'Est Républicain

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Jeudi 6 juin 1963
  La pluie cessera quand le vent tournera. L'eau paralyse les efforts des sauveteurs et l'angoisse grandit car les prisonniers n'auraient plus qu'un seul jour de vivres.
  Les puissantes pompes de Pierrelatte et Marcoule en construction ont été amenées sur place, On n'envisage pas alors un barrage car la digue de la route risquerait de céder.
  Un plan de sauvetage est prêt mais les sauveteurs doivent ronger leur frein. Ils espèrent que les spéléos sont sur la deuxième plate-forme

France Soir

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Le Monde

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située à 14 m de hauteur et pas sur celle des Dégonflés à seulement 2 m au-dessus du lit de la rivière souterraine.
  Des coffrets de victuailles ont été préparés par le Club Alpin de Lyon et seront lancés dans le torrent.

 


Le Dauphiné Libéré

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L'Est Républicain probable

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L'Est Républicain

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L'Écho

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Le Progrès (AA)

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Le Progrès (AA)

9 téléchargements au 31.10.2020

Le Progrès (AA)

15 téléchargements au 31.10.2020

Le Progrès (AA) Lyon

15 téléchargements au 31.10.2020



Le Progrès (SERVERIN) Jura

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Le Progrès (GRIFFON) Lyon

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Le Progrès (GRIFFON) Jura

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Le Figaro

15 téléchargements au 31.10.2020

Midi Libre

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Quotidien indéterminé

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Vendredi 7 juin 1963
  Des bidons de vivres lumineux sont jetés [jeudi] dans la Goule pour les 5 spéléos prisonniers des eaux.
  Un barrage d'argile, que l'on espère achevé ce matin à l'aube par les bulldozers réquisionnés, est le dernier espoir des sauveteurs qui veulent descendre dans le gouffre avant de nouvelles pluies. 200 sauveteurs sont à pied d'œuvre, dont une équipe d'hommes-grenouilles.
  Une dizaine de pompes et des kilomètres de tuyaux rejettent une partie de l'eau dans la vallée voisine, mais pas suffisamment pour tarir le ruisseau.
  Une première équipe de secours devrait tenter cette nuit d'atteindre les engloutis de Pentecôte.

France Soir

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Le Monde

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Le Dauphiné Libéré

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Le Figaro

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Le Progrès

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Midi Libre

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L'Est Républicain probable

17 téléchargements au 31.10.2020


L'Est R
épublicain
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L'Écho

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La Dépêche

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Samedi 8 juin 1963
  Grâce aux barrages établis par les sauveteurs, dramatique course contre la montre, trois rescapés pleurent la disparition de leurs deux camarades. Ils étaient à moins de 50 mètres de la sortie.
  Leurs deux compagnons ont été emportés dès lundi par le torrent en furie. Un seul a été retrouvé mais les recherches ont dû être arrêtées car 2 barrages sur 3 risquaient de céder.
  «Nous avons mangé un ceinturon pour tenir le coup.»
  Les trois spéléos sont sortis par leurs propres moyens et ont été conduits à l'hôpital pour observation.

France Soir 7e

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France Soir 8e

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France Soir dernière heure

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France Soir toute dernière spéciale

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Le Dauphiné Libéré probable

22 téléchargements au 31.10.2020

A
B
Le Dauphiné Libéré

A 24 téléchargements au 31.10.2020
B 15 téléchargements au 31.10.2020


Le Monde 1

11 téléchargements au 31.10.2020


Le Monde 2

14 téléchargements au 31.10.2020


L'Écho

14 téléchargements au 31.10.2020

La Dépêche

14 téléchargements au 31.10.2020

L'Est Républicain

10 téléchargements au 31.10.2020

Midi Libre

18 téléchargements au 31.10.2020

Le Progrès

10 téléchargements au 31.10.2020

Quotidien indéterminé 1

10 téléchargements au 31.10.2020

Quotidien indéterminé 2

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Wellington Daily News (USA)

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Dimanche 9 juin 1963
Sauvé : ce spéléo revient de l'enfer et pleure dans les bras de ses sauveteurs. Le drame du gouffre de l'Ardèche : «Dupont, resté seul à l'arrière  est tombé 1 fois, 2 fois, puis a disparu.»

SIFFRE : «N'explorez jamais un gouffre où l'eau peut entrer subitement
  Il n'y a pas eu de fautes techniques. Le drame de la goule de Fontsoubie était imprévisible estiment les spécialistes.

La Fédération Française de Spéléologie est née.

France Soir 9-10 juin

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Le Journal du Dimanche

22 téléchargements au 31.10.2020

Le Progrès

14 téléchargements au 31.10.2020
  Dramatique coincidence, au moment où se déroulait le drame de Foussoubie, naissait la nouvelle Fédération Française de Spéléologie par la fusion de la Société Spéléologique de France, créée en 1932 par Robert de Joly, et du Comité national de spéléologie, créé en 1950.
  L'ampleur médiatique nationale de l'évènement inscrivit la renommée de Foussoubie.

Midi Libre

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Lundi 10 juin 1963
  

  Conférence de presse : deux des rescapés font le récit de leur dramatique aventure au local du Club Alpin Français de Lyon.
  «Pour tenir jusqu'au bout, nous nous étions interdit d'évoquer le destin de nos deux compagnons.»


Le Progrès

14 téléchargements au 31.10.2020


L"Écho

15 téléchargements au 31.10.2020

  MM. Couderc et Pelletier, dirigeants du Spéléo-Club de Paris, estiment qu'on ne peut reprocher aucune faute technique aux membres de l'expédition.


Le Monde

14 téléchargements au 31.10.2020

Mardi 11 juin 1963 Mercredi 12 juin 1963 Jeudi 13 juin 1963
Premier récit « exclusif » des rescapés de Foussoubie

  France Soir publie une série de 3 articles titrés "Récit exclusif". Ce sont les plus détaillés et ont servi de base aux textes publiés en 1981 et 1991 dans les livres de Pierre RIAS sur le "Jean-Bernard.


France Soir

19 téléchargements au 31.10.2020


France Soir

15 téléchargements au 31.10.2020

  Le Club Alpin Français de Lyon a tenu à organiser une conférence de presse à tous les journaux dans leur local :
   «Les dirigeants lyonnais du Club Alpin Français voulaient ainsi fournir à l'ensemble de la presse, sans exclusive aucune, les éléments d'information complets sur un drame qui, on le sait, a frappé cruellement deux familles.»


France Soir

15 téléchargements au 31.10.2020

Vendredi 14 juin 1963
  Jean-Charles TRÉBUCHON, directeur du Centre de spéléologie de Vallon-Pont-d'Arc explique que l'arrêt rapide de la recherche du disparu par l'équipe de reconnaissance dirigée par Michel Letrône, était due à l'épée de Damoclès que représentaient les fragiles barrages dont la rupture aurait été catastrophique pour les 11 sauveteurs engagés sous terre. Des infiltrations apparaissaient et l'équilibre arrivées d'eau - pompage était atteint. L'arrêt accidentel d'une seule pompe ou le moindre orage aurait été mortel.
Le Dauphiné Libéré

16 téléchargements au 31.10.2020
  Après consultations, notamment de l'Ingénieur en chef des Ponts et chaussées qui ne donna qu'une heure de garantie, le Préfet prit l'unique résolution de sagesse et donna l'ordre de remontée immédiate de l'équipe de reconnaissance.
Samedi 15 juin 1963

  Après le drame, les critiques se déchainent, les censeurs veulent réglementer la spéléologie.
  [voir aussi 19-20-24 juin]


Paris Match

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Réforme

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La Sentinelle (Suisse)

16 téléchargements au 31.10.2020

Triunfo (Espagne)

Mis en ligne 21.09.2020
10 téléchargements au 31.10.2020
   
Dimanche 16 juin 1963

  Le drame de Fontsoubie : la prison de ténèbres n'a rendu que 3 des 5 spéléologues perdus.

  [Le Patriote illustré, de 1875 à 1975, hebdomadaire du journal catholique bruxellois La Libre Belgique]


Le Patriote illustré (Belgique)

12 téléchargements au 31.10.2020


Mardi 18 juin 1963

  Le beau temps est revenu sur la Basse-Ardèche. Les spéléologues du Club Alpin Français de Lyon et de Grenoble sont à la Goule ce lundi 17 juin pour remonter les corps des deux victimes du drame de Pentecôte. Schaffran et Lavigne dirigent les opérations. La première équipe s'engage sous terre à 23 h. Quatres autres suivent…


Le Progrès

14 téléchargements au 31.10.2020

Le Dauphiné Libéré

16 téléchargements au 31.10.2020
Mercredi 19 juin 1963

  Douze heures d'efforts pour arracher les corps des deux spéléos. Celui de Jean Dupont était encore amarré.
  L'équipe Letrône, partie en pointe, a retrouvé le corps de Bernard Raffy à un kilomètre en aval de la voûte mouillante. Roulé par le flot sur près d'un kilomètre et demi, accroché à une saillie du rocher à deux mètres du sol [flottait sur l'eau noire d'une marmite], il était mort sur le coup le 3 juin au matin.
  La plate-forme des Dégonflés avait été submergée par 2 à 3 mètres d'eau. Tous auraient été noyés si ils y étaient restés.


France Soir

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Le Dauphiné Libéré

15 téléchargements au 31.10.2020

L'Écho

12 téléchargements au 31.10.2020

Le Progrès

16 téléchargements au 31.10.2020

Midi Libre

11 téléchargements au 31.10.2020

L'EstRépublicain

15 téléchargements au 31.10.2020

Le Monde 1

11 téléchargements au 31.10.2020

Le Monde 2

15 téléchargements au 31.10.2020
<  M. Becker, président des spéléophiles ardéchois, estime que l'expédition aurait dû prendre contact avec les spécialistes locaux.
Jeudi 20 juin 1963 Lundi 24 juin 1963 Jeudi 4 juillet 1963

L'Est Républicain

18 téléchargements au 31.10.2020

  Obsèques de Jean Dupont et Bernard Raffy à l'église Sainte-Croix de Lyon.

Le Dauphiné Libéré
13 téléchargements au 31.10.2020

  Gérard PROTAT, du groupe Vulcain de Lyon, apporte des précisions au courrier de M. Becker, paru dans Le Monde du 19 juin 1963.


Le Monde

20 téléchargements au 31.10.2020

 

Autres Documents

  

  A l'exception de la presse tout au long de l'accident, ensuite, peu de documents synthétisent cet épisode malheureux de l'histoire de Foussoubie. Rappelons qu'à ce même week-end de la Pentecôte 63, la Société Spéléologique de France, créée en 1932 par Robert de Joly, et le Comité national de spéléologie, créé en 1950, se sont fondus pour former la Fédération Française de Spéléologie.

  Dès la fin de l'été, dans le Spelunca du 3e trimestre 1963, la Fédération analyse cet évènement et se positionne par les voix de Michel LETRÔNE, délégué régional Rhône-Alpes, et de Albert CAVAILLÉ, alors Président de la nouvelle FFS.
« A l'extérieur, la multiplicité des responsables de tous grades, de toutes origines et de toutes compétences rend difficile l'organisation des recherches. »
« Des enquêtes administratives et judiciaires ont eu lieu et n'ont pas mis en cause les trois rescapés. »
« Aucune organisation de secours, si bien montée qu'elle soit, ne peut réparer les conséquences fatales d'une expédition mal engagée. C'est avant l'exploration qu'il faut tout envisager : les risques d'éboulement, les défaillances du matériel et des organismes, les subites crues des rivières souterraines. Dans tous ces domaines, l'information scientifique des spéléos doit aller de pair avec leur entraînement sportif ; l'autorité des responsables de clubs doit être indiscutée. »

 

LETRONE Michel (1963) L'accident de la Goule de Foussoubie (Ardèche). - CAVAILLÉ Albert (1963) Note du Président. dans Spelunca n°1963-3 {p.31/33, coupe et plan zone d'entrée de la Goule}


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 Présent en Ardèche ce weekend de Pentecôte, Jean Lavigne avait dirigé l'équipe de pointe du secours à Jacques Noël en août 1962, mais ne pouvant rien faire à cause de la crue, il rejoint Grenoble et prépare une éventuelle intervention. Une petite équipe est réquisitionnée pour le vendredi 7 juin qui arrive sur place à 9 heures pour apprendre que 3 gars sur les 5 ont été sauvés et que Letrône, Petitdidier et des gars du groupe Vulcain sont descendus en profitant de la protection du barrage. Menaçant de céder, l'opération de secours est stoppée.
  Ils sont à nouveau réquisitionnés le lundi 17 juin pour la remontée du corps de Jean Dupont et la recherche de Bernard Raffy. Celui-ci est retrouvé environ 1 km au-delà de la voûte mouillante. Ils ont aussi pour mission de tenter de repérer des plate-formes en élévation « mais il n'existe pas d'endroit pour se mettre à l'abri d'une crue, seul le camp à 4 km est hors d'atteinte. »
  [Ce camp a été ennoyé lors de la crue exceptionnelle de novembre 2002]
  [Les croquis signalés dans le texte renvoient à ceux de son rapport de 1962 pour la sortie de Jacques Noël, gravement blessé.]

LAVIGNE Jean (1963) Pentecôte 1963 - Accident à la goule de Foussoubie. dans Sorties pour le compte de la Société Dauphinoise de secours en montagne - Dossier d'homologation de secours en montagne {Rapport n.p. (73p.) ; 5p. + coupe + plan}

  
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  Le docteur Jacques FÉNIÈS a basé son travail de thèse sur les accidents survenus en spéléologie : il analyse les évènements connus à cette date.
  Les deux accidents survenus à Foussoubie retiennent son attention d'une part par l'importance des secours engagés (12 heures pour sortir Jacques Noël dans le coma en août 1962 ; 200 sauveteurs sur plusieurs jours dans le cas des Lyonnais bloqués dans la Goule par une crue en juin 1963).
  D'un point de vue médical, il relève la présence de "maxiton" (amphétamine consommée par les soldats en 39-45, par les cyclistes et aussi par des générations d'étudiants pour préparer leurs examens) retrouvée dans une des poches de Jacques Noël en 1962 et l'handicap léger de Jean Dupont (présence d'une broche dans le fémur droit suite à un accident récent de moto) et de Bernard Raffy (chaussure spéciale suite à l'ablation d'un orteil au pied gauche). Il n'émet pas de doutes sur la pratique de la spéléologie par ces deux jeunes et impute l'accident de juin 1963 à des causes météorologiques et au non renoncement à l'expéditon :
   «Le 30, et dans la nuit du 30 au 31 mai, «des masses d'air humide et instable ont donné lieu à de nombreux orages, souvent violents, notamment sur les versants sud du Massif Central».
- Orange : 76 mm (dont 35 en 15 minutes le 30 mai) ;
- Vallon : 23 mm ;
- Bessas : 33 mm.
[…}
  A l'aube du 3 juin, vers 6 heures 30, l'orage éclate […] (hauteur recueillie à Vallon : 84 millimètres). »
.

FÉNIÈS Jacques (Dr) (1965) Spéléologie et médecine ; Masson & Cie, Éditeurs (Paris) {158p. ; p.20, 94, 98, 102, 104/106, 130, 132, 133, 134/137 ; 2 schémas de BEAURY Jean}


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  L"Écho des Vulcains, bulletin annuel du groupe, rend régulièrement hommage à Jean Dupont et Bernard Raffy, soit lors de l'anniversaire de l'accident de juin 1963 en se réunissant à l'entrée de la Goule, soit lors de l'historique du gouffre Jean-Bernard à Samoëns. Ces documents ne sont pas reproduits ici.
  Récit de la «fuite» des spéléos qui s'éveillent au matin du lundi 3 juin sous des plafonds déjà dégoulinant. A côté, le niveau du premier chenal est monté.
  Au siphon 0 que l'on passe habituellement allongé sur le canot, il faut plonger ! Faire demi-tour ou continuer ? Mais impossible de rester là ! Sans matériel, il faut une demi-heure pour être dehors, alors ils ne gardent que leur lampe de secours et foncent.
  Dans l'étroit couloir au-dessous de la Grande Marmite, Bernard Raffy ne peut pas résister au courant et lache prise ; il est emporté par les flots.
  L'échelle descendant de la Grande Marmite a été difficilement récupérée. Émile Cheilletz se lance au-dessus de l'obstacle et réussit à passer pour installer l'échelle en tyrolienne. Jean Dupont l'a presque franchi quand ses jambes basculent et que le courant l'aspire. Ses compagnons voient sa lampe sauter la cascade. Les trois rescapés se réfugient dans la galerie du siphon 12.
  L'eau montant encore, ils réussissent à s'accrocher aux parois jusqu'à atteindre le bas du plus grand puits, 13 m. Le matériel y est déchiqueté mais ils ont trouvé une cordelette abandonnée. Émile s'élance mais chute… L'eau et son gilet de sauvetage l'ont protégé et la cordelette le retient. Jacques Delacour s'élance à son tour et réussit à passer.
  Ils ne sont plus qu'à quelques mètres de la sortie… mais l'eau rend le passage impossible. Les trois rescapés, Émile, Jacques et Alain Besacier se réfugient au sommet du P7, dans une petite galerie, unique refuge à peu près sûr de toute la zone d'entrée. Ils y patienteront plusieurs jours en grignotant le ceinturon en cuir d'Émile.
  Le vendredi 7 au matin, les sauveteurs ont établi un barrage au pont de la D217 et pompent l'eau vers la vallée voisine. Les rescapés sortent et croisent les sauveteurs… mais deux des prisonniers ne sont plus là !

RIAS Pierre (1981) Pourquoi jean-bernard - La tragédie de Foussoubie. dans -1455 mètres et après ? ; Éditions Glénat (Grenoble) {p.3/9, 6 photos, coupe zone entrée Goule}


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  Daniel et Josette Ariagno, Gérard et Marie-Françoise Protat devaient faire partie de l'équipe dans Foussoubie. Mais Émile Cheilletz avait noirci le passage du siphon 0 et à l'entrée, agité un serpent mort… cela avait suffi à décourager une des jeunes filles et ils étaient aussitôt resortis. En fait, Émile l'emmerdeur, avait probablement sauvé leurs vies.

  « Bernard Raffy remplit une gamelle. La stalactite qui lui sert de robinet coule beaucoup plus qu'hier. La veille, il devait collecter goutte à goutte 1'eau du potage, alors que maintenant le robinet coule en continu. "Il doit pleuvoir dehors ! " dit-il.
  L'information tombe, glaciale. Être dans la Goule de Foussoubie en sachant qu'il pleut n'est pas très rassurant…
  Jean : "La terre était sèche et les gours de l' entrée vides, il faudra un certain temps avant que ça commence à couler."
 »

  « Le jour de leur mort, Jean et Bernard sont devenus, pour nous, des mythes. Ils ont cessé de vieillir, d'appartenir à leur famille, de s'appartenir. Grâce à eux, nous avons été capables de réaliser la grande aventure du groupe Vulcain et du gouffre Jean-Bernard. »

RIAS Pierre (1991) 1963 - Foussoubie. dans Le gouffre Jean-Bernard -1602 m ; Éditions GAP, collection "Aventures" (Gap) {p.20/26, 7 photos}


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