FOUSSOUBIE et autres cavités voisines (Ardèche, France)                              www.foussoubie.fr

 

 

PAGE : Mise en ligne 14.09.2026 - Mise à jour 14.09.2026 - xxx visites au 31.08.2026

Système Goule / Évent de FOUSSOUBIE

(Ardèche - France)

Historique des ruisseaux de la goule de Foussoubie
en période d'étiage

Patrick LE ROUX
(septembre 2026)

   En crue, le niveau de l'eau monte régulièrement à 8 m de hauteur… dans des galeries de 3 m de haut en moyenne. Parfois, davantage encore ! Personne pour en témoigner, mais c'est ce qu'ont mesuré les sondes Reefnet posées par EDYTEM en 2010-2011.
   A l'étiage, même sévère comme en 1975 et 1976, un ruisselet coule en divers endroits de la cavité. Ce sont ces divers ruisseaux qui sont décrits dans ce texte.

   Ils ont la particularité d'exister tout au long de la cavité, depuis la zone d'entrée de la Goule jusqu'à la sortie par l'Évent, mais aussi de se perdre plusieurs fois pour se retrouver plus loin. Une seule coloration interne a été tentée, sans résultats. Difficile d'en mesurer précisément le débit, mais estimé à l'œil, on peut considérer qu'il est relativement constant tout au long du réseau et qu'il ne recevrait donc pas d'alimentations annexes.

   Dans Foussoubie, au fil des galeries connues, il y a 5 zones distinctes où l'on peut suivre ce (ces) ruisseau(x) :
1. la zone d'entrée de la Goule, depuis le siphon 13 jusqu'au Premier Chenal ;
2. la galerie MASC, depuis le siphon 44 (non franchi car trop étroit) jusque derrière le siphon 34 suivi d'une galerie étroite (coloré sans succès) ;
3. la galerie SSN Amont depuis des sorties impénétrables, puis la galerie SSN Aval Ouest jusqu'au siphon 36 ;
4. puis 2 ruisseaux, l'un depuis le siphon 16 (= 5bis) sans rien en amont dans aucune des deux branches de ce confluent, l'autre depuis le siphon 28, tous deux se rejoignant dans des galerie annexes de la galerie SCL, ruisseau qui ensuite passe depuis le siphon 5 (= siphon des Arcades) par la galerie du Gruyère et rejoint enfin le siphon 4, terminal de la Goule ;
5. près de la sortie de l'Évent, le siphon A se déverse dans la Vasque et se retrouve à la source de Foussoubie environ 5 m au-dessus de l'Ardèche à l'étiage.

   La source de Vanmale, pérenne, aurait à priori à l'étiage une alimentation différente de Foussoubie.

 

1- Zone d'entrée de la Goule


Extrait plan "Illustrator" (2026) Zone d'entrée de la goule de Foussoubie
+ légende "ruisseau"
(flèches parfois peu lisibles sur les dessins à taille réduite)

   Le premier ruisseau apparaît depuis le siphon 13, dans une galerie annexe du Grand Lac de la zone d'entrée de la Goule..
   Sensiblement à l'altitude Z 165 m, alors que l'entrée de la Goule est à Z 197 m (une trentaine de mètres au-dessus). Son eau provient probablement du débordement de la nappe phréatique du bassin fermé Labastide-de-Virac / Vagnas (vers Z 200 m) où l'été, l'eau dans le puits situé dans le jardin de la ferme des Peschaire peut être proche de -7 m de profondeur, soit Z 193 m (puits = sondage F1, aquifère à -5 m en novembre 1973). Les sondages géologiques effectués aux environs du camp de la Goule par le GRB et Jacques CHEDHOMME (sondage F4 non daté, aquifère vers -5 m ; sondage F5 approfondi à -12.50 m au weekend de l'Ascension 1976, aquifère non indiqué) ne permettent pas d'affiner le niveau de la nappe phréatique.
   Intégralement vidé à l'aide d'une pompe électrique durant l'été 1975, tout le bas du siphon 13 s'était de nouveau ennoyé en quelques heures seulement, nous empêchant de topographier l'extrémité remontante du siphon vue auparavant lors du déplacement ultime de la pompe, puis son transfert plus en aval pour poursuivre les vidanges.
   Le ruisseau s'écoule dans la galerie du siphon 13, se déverse dans le Grand Lac (en aval du Passage De Joly) et poursuit son chemin visible jusqu'à la Grande Marmite d'où il déborde pour s'écouler dans le passage inférieur, puis jusqu'au Premier Chenal.
   On ne le retrouve pas entre les deux chenaux. Il se perd donc quelque part dans le Premier Chenal, peut-être dans le supposé siphon 11, impénétrable (plongée Alfio CARIOLA de l'équipe sicilienne de Blasco SCAMMACCA au début des années 70).

 

2- Galerie MASC



Extrait plan "Illustrator" (2026) Zone galerie MASC

   En remontant depuis le puits de l'Hexagonaria (galerie des Pyjamas) via la galerie SSN Amont et au-delà, la topographie situe l'extrémité connue de la galerie MASC à proximité du Carrefour du 14 juin. Un petit ruisseau, sensiblement équivalent à celui de la zone d'entrée, s'écoule du siphon 44 (non franchi car trop étroit), parcourt la galerie MASC et le carrefour entre le siphon 33 et le siphon 34. Derrière le siphon 34, le ruisseau se perd dans une galerie trop étroite pour nos gabarits de plongeurs.
   Nous avons coloré ce ruisseau durant l'été 1979. Plusieurs vérifications au siphon 28 et au siphon 5bis (au-delà du siphon 5 ou siphon des Arcades) n'ont pas permis de voir la moindre coloration durant cet été d'étiage "normal". Plus tard, en septembre, la coloration sortait abondemment à la source de Foussoubie. Il aurait été judicieux de vérifier aussi la "zone 3" galerie SSN Amont, susceptible d'être sur le parcours du ruisseau bien plus tôt que la galerie SCL plus en aval, mais ayant eu la chance de franchir le siphon 7d et de découvrir la grosse galerie GASM au-delà de la galerie des Pyjamas, nous n'en avions pas eu le temps !

 

3- Galerie SSN Amont et galerie SSN Aval Ouest



Extrait plan "Illustrator" (2026) Zone galerie SSN Amont et galerie SSN Aval Ouest

   L'eau s'échappe de la paroi droite et en deux endroits de la paroi gauche (de l'amont vers l'aval) depuis des fissures impénétrables. Elle parcourt la galerie SSN Amont puis la galerie SSN Aval Ouest jusqu'au siphon 36 où l'on perd son cours. Dans le siphon 36, il y a un départ latéral étroit (non tenté) qui pourrait être le passage de l'eau.


4- Galerie SCL et galerie du Gruyère



Extrait plan GRB F07028 Zone ruisseau Galerie SCL

   Plus en aval, on retrouve 2 ruisseaux distincts qui se rejoignent rapidement dans une galerie annexe située entre les siphons 5 et 5bis (= siphon 16) :
   • L'un s'échappe du siphon 16 confluent, sans ruisseau en amont ni dans la SSN Aval Est (vers le bas du puits de l'Hexagonaria), ni dans la SSN Aval Ouest jusqu'au siphon 36 où l'on avait perdu le ruisseau.
   • L'autre depuis le siphon 28 où nous n'avons pas vu de suite pénétrable.
   Le siphon 28 est suffisamment éloigné du siphon 16 (= siphon 5bis) pour supposer une alimentation différente. Il y aurait donc depuis les pertes plus en amont (siphon 36 dans la galerie SSN Aval Ouest - siphon 34 en aval de la galerie MASC) deux ruisseaux enfouis. Le siphon 29 et le siphon 45 (amorces de galeries avec siphons envisageables non plongés) dans la galerie des Marmites en amont du siphon 25 pourraient être des "regards" intéressants à vérifier.
   Après avoir conflué dans la galerie annexe, le ruisseau parcourt le reste de la galerie SCL jusqu'au siphon 5 (= siphon des Arcades), puis passe par la galerie du Gruyère et rejoint enfin le siphon 4, terminal de la Goule.



Extrait plan "Illustrator" (2026) Zone Galerie SCL


5- Évent et source de Foussoubie


Extrait plan "Illustrator" (2026) Zone EVENT de Foussoubie

   L'eau s'écoule depuis le siphon A et se déverse par quelques petites cascadelles dans la Vasque située environ 50 cm plus bas, Z 78 m. On ne retrouve pas l'eau vive dans le réseau des siphons B (siphons B3 et B1). Au fond de la Vasque, en direction de l'Ardèche, il y a plusieurs conduits impénétrables d'une dizaine de centimètres de diamètre.
   On retrouve le ruisseau à la source de Foussoubie, impénétrable, environ 5 m au-dessus de l'Ardèche Z 73 m à l'étiage.
   La zone noyée séparant la goule de Foussoubie de l'évent de Foussoubie est perchée environ 5 m au-dessus de l'Ardèche à son niveau d'étiage. La Vasque a été vue avec un niveau plus bas, entre 1 et 2 m au-dessous de son niveau habituel, mais celui du siphon A ne semble jamais avoir varié.


Source de Vanmale

[ non topographié ]

   La source de Vanmale est pérenne. Son débit est notable.
   A l'étiage, la source de Foussoubie restituant sensiblement le même débit que dans la zone d'entrée, démontrerait que la source de Vanmale a alors une alimentation différente qui pourrait provenir soit des dessous du Devès de Virac, soit d'une origine encore plus profonde et éventuellement lointaine.
   Sans topographie de la source de Vanmale, rien ne justifie pour l'instant une possible communication avec Foussoubie.

   En crue, deux colorations de la goule de Foussoubie ont été constatées à la source de Vanmale :
- en 1971, par forte crue, constatée de visu par trois membres du Spéléo Club de Lutèce et par deux motards de la Gendarmerie de Vallon qui passaient par là ;
- en novembre 1976, par forte crue aussi et l'évent de Foussoubie débordant, par prélèvements d'eau et fluocapteurs, coloration menée par Pierre SLAMA du Groupe de Recherches Biospéléologiques (Paris) en collaboration avec René DUMAS et le Montélimar Archéo Spéléo Club (MASC). Tous les relevés terrain étaient fait par les soldats du Régiment de Transmission de Montélimar.
   En décembre 2010, la coloration organisée par le laboratoire EDYTEM de l'université de Savoie (Le-Bourget-du-Lac), a été faite par faible crue et un fluorimètre placé seulement à l'évent de Foussoubie.

   Il semblerait donc et en concordance avec le pendage des couches géologiques d'orientation contraire, que la communication de Foussoubie vers Vanmale soit un débordement de crue uniquement effectif quand l'évent de Foussoubie déborde et que le niveau général du réseau monte alors d'une dizaine de mètres, inondant l'ensemble des galeries.