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DE MALBOS Jules
(1782-1867)


portrait réalisé le 20 mai 1860 par Léon ALÈGRE

Mémoire sur les grottes du Vivarais
dans Mémoires de l'académie impériale des sciences,
incriptions et belles-lettres de Toulouse
4e série, t.4 (1850-1853)

DE MALBOS Jules (1854) Mémoire sur les grottes du Vivarais. dans Mémoires de l'Académie impériale des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse 4e série, t.4 (1850-1853) {p.96/114 ; Goule p.98}

  Article

Mémoire sur les grottes du Vivarais
dans Mémoires de l'Académie impériale des Sciences, inscriptions et
belles-lettres de Toulouse

{p.96/114}

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07.04.2019 au 30.11.2019

   Jules BASTIDE de MALBOSC signait ses publications Jules DE MALBOS. Il est né le 15 mai 1782 à Berrias (07) et décédé le 5 février 1867 à Berrias. Il était botaniste, géologue, préhistorien, poète et homme politique.
   Son père, Joseph-Louis Bastide de Malbos (1743-1791), premier maire de Berrias, fut égorgé sous la Terreur dans la prison de Pont-Saint-Esprit alors qu'il était réfugié avec sa mère dans le bois de Païolive.
   Il était membre de la Société Géologique de France et correspondant de l'Académie impériale des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse.
   Précuseur des recherches préhistoriques en Vivarais, il a dressé l'inventaire de 77 dolmens sur les communes de Beaulieu, Banne, Saint-Alban, Bourg-Saint-Andéol et Saint-Remèze et explora de nombreuses grottes sur le plateau des Gras, dans les gorges de la Beaume, la vallée du Chassezac ou le bois de Païolive. Il signait ses publications Jules DE MALBOS. Il fut anobli par Louis XVIII le 2 août 1817.
   Son cabinet géologique et minéralogique, fruit de 40 ans de recherches, principalement en Ardèche, fut confié au Conseil Général de l'Ardèche qui, dans une délibération du 23 août 1859, décida d'un local pour l'accueillir, qui portera le nom de Musée Malbos .Après de multiples pérégrinations entre les Archives Départementales, autrefois hébergées dans les locaux de la Préfecture, les sous-sols de l'École Normale et les greniers de l'ancien collège, la collection minéralogique, pétrographique, paléontologique et archéologique appelée "Collection Mabosc" est arrivée dans les réserves du Musée de la Terre Ardéchoise de Privas, enrichie de divers dons et échantillons de minerais. Ce musée n'ayant pas eu les moyens de protéger un tel dépôt, des pièces de valeurs furent pillées et disparurent.

   Voir plus de détails sur Widipédia ou sur Médarus.

   Disponible sur Gallica.

p.98
« J'ai descendu avec des échelles dans la goule où se précipitent toutes les eaux du bassin de Vagnas, et qui forment une belle fontaine que l'on voit sur la rive droite de l'Ardèche, à une lieue de distance, un peu en amont du pont d'Arc. »

   D'après sa courte note, DE MALBOS serait donc descendu dans la Goule avant GAUPILLAT et ARMAND qui ne le firent qu'en 1892. Dommage qu'il n'en ait pas donné une description sommaire !

 

La formation des cavernes selon Jules DE MALBOS (1854)

« Buffon prétend qu'elles doivent leur formation aux tremblements de terre, erreur qu'il n'aurait pas commise s'il en avait seulement visité deux ou trois. Je n'en connais que deux fort petites, formées par des rochers amoncelés, non par des tremblements de terre, mais par des courants diluviens.
   M. de Saussure attribue à l'action des eaux la formation des cavernes : l'examen le plus attentif m'a démontré que les courants d'eau peuvent tout au plus modifier légèrement leur structure.
   […]
   Les grottes devraient, d'après ce système, être creusées dans la direction des anciens courtants, tandis qu'elles se prolongent dans tous les sens et dans des directions très opposées quoique voisines.
   […]
   Patrin et plusieurs autres géologues expliquent la formation des grottes par la décomposition des roches. Mais quelle serait la cause de cette décomposition ? Ceux qui adoptent l'hypothèse d'anciens courants d'eau chargée d'acide carbonique, n'ont pas réfléchi qu'il y a très-peu de grottes qui forment de ces longues galeries donnant passage à des ruisseaux souterrains, et que, celles-ci mêmes ont des irrégularités qui s'accordent peu avec une action dissolvante sur une roche homogène, comme la plupart de celles du terrain jurassique.
   D'autres auteurs, il est vrai, croient à cette décomposition, sans admettre des courants qui, évidemment, n'ont pu exister dans presque toutes les grottes. Mais pourquoi, dans un calcaire compacte, bien homogène, cette décomposition aurait-elle lieu, et surtout en grand, sur un point plutôt que sur un autre ? […]
   D'ailleurs, que deviendraient ces masses énormes de calcaire enlevées dans les vastes cavernes orsqu'il n'y a pas de cours d'eau ?
   […]
   Ce système de décomposition, ou plutôt de désagragation, ne peut s'appliquer qu'à quelques grottes, à quelques excavations qui se forment dans des monceaux de lave friable et tufs volcaniques, ou dans des grès très sablonneux, presque sans ciment, qui reposent entre des couches compactes ; […]
   Un mémoire sur les retraits que j'ai examinés dans tous les étages de sept formations, complétera mes observations sur les grottes. M. Elie de Beaumont a approuvé ce travail, et m'écrivait que M. Philips était le seul qui eût donné quelques notes sur des retraits qu'il avait observés dans une seule formation du Yorkshire. Je vais m'occuper de la formation des cavernes.
   Je pense que cette formation doit être attribuée principalement à deux causes, car, en histoire naturelle surtout, il ne faut pas rapporter à une seule cause les effets les effets d'un ordre de phénomènes : l'esprit de système égare trop souvent des hommes même distingués par leur savoir, et arrête les progrès de la science.
   Je serais porté à croire que le plus grand nombre de cavernes soit sa formation aux retraits des masses calcaires quand leur pâte se consolidait, et surtout à l'expansion du gaz qui avait précédé ces retraits.
   […] Tous ces effets se répétant en miniature dans les mêmes roches, ne paraissent-ils pas dus à l'expansion des gaz qui faisaient un effort pour percer les roches calcaires, et formaient une suite de bulles énormes que nous désignons sous le nom de cavernes ? […] »