FOUSSOUBIE et autres cavités voisines (Ardèche, France)                              www.foussoubie.fr

 

 

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DALMAS Jean-Baptiste
(1811-1881)


Itinéraire du géologue & du naturaliste
dans l'Ardèche et une partie de la Haute-Loire (1872)

DALMAS Jean-Baptiste (1872) Itinéraire du géologue & du naturaliste dans l'Ardèche et une partie de la Haute-Loire ; F. Savy (Paris), Imprimerie Roure (Privas) {in8° 221p. + 9 planches, 144 fig. HT ; Itinéraire de visites s'appuyant sur DALMAS Jean-Baptiste (1859) Carte géologique du département de l'Ardèche. Imprimerie M. L. Perrin (Lyon) {Carte aquarellée 71 x 107 cm}

  Extraits

Itinéraire du géologue…
Extrait "Gouffre de la Goule"
{p.135, 137, 137/139}

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30.11.2018 au 30.11.2018

   Dalmas reprend en partie la description de GIRAUD - SOULAVIE Jean-Louis (Abbé) (1781) Histoire naturelle de la France méridionale.

DALMAS Jean-Baptiste (1959)
Carte géologique du département de l'Ardèche
indiquant les mines, les carrières, les cours d'eau, les montagnes, toutes les voies de communication, etc. :
Imprimerie Louis Perrin (Lyon)
[image réduite]

Cette carte est disponible dans son format original
sur le site MINESParisTech

   Jean-Baptiste DALMAS est né à Montpezat le 3 octobre 1811. Receveur des finances à Largentière puis notaire au Béages, il se retire ensuite à Rosières pour y écrire entre autres :
- Cosmogonie (1852)
- Coup d'œil géologique et historique sur Aubenas, Vals, Meyras, Neyrac, suivi d'un Mémoire sur l'âge et la nature des volcans du Vivarais (1852)
- Notice géologique et minéralogique du département de l'Ardèche ou explications des terrains, des mines et carrières indiqués dans la carte géologique (1959) (carte publiée séparément format Grand Aigle imprimée chez M. L. Perrin (Lyon)
- Itinéraire du géologue et du naturaliste dans l'Ardèche et la Haute-Loire (1872)
   Dalmas a été le fondateur du Musée géologique de l'Ardèche en 1850 auquel furent jointes par la suite les collections de Jules de Malbos.

   Voir plus de détails sur Médarus.

   Une partie de ses ouvrages est consultable sur la Jubilothèse de la faculté de Jussieux ou sur le site MINESParisTech.

p.135
« CURIOSITÉS NATURELLES DU TERRAIN NÉOCOMIEN DE L'ARDÈCHE
Les principales curiosités de ce terrain sont : le Pont-d'Arc, le gouffre de la Goule, les grottes de Vallon, de Saint-Martin et de Saint-Marcel d'Ardèche.
 »

p.137
« Telle est incontestablement l'origine du Pont-d'Arc, du gouffre de la Goule, des grottes, des canaux souterrains et des fentes perpendiculaires des environs de Vallon, parmi lesquelles la fissure de la rivière, d'ouest à est, est la plus considérable. »

p.137/139
« LE GOUFFRE DE LA GOULE.
   Une autre curiosité naturelle aussi intéressante est le gouffre de la Goule, situé à 2 kilomètres sud du Pont-d'Arc, près du village de Vagnas.
   Les montagnes qui l'entourent de tous côtés lui donnent la forme d'un immense entonnoir de sept â huit lieues de circonférence ; la plus élevée d'entre elles a près de 100 mètres au-dessus du bassin et domine de 230 mètres le niveau de la rivière d'Ardèche, et de 282 celui de la mer. Le fond de ce cirque naturel forme une petite plaine arrosée par sept ruisseaux, dont les eaux convergentes ont creusé un petit bassin de forme ovale à l'entrée du canal souterrain. La masse d'eau s'y précipite et de là tombe en cascade dans un autre bassin où l'on ne peut s'avancer que de quelques pas. On l'entend retomber distinctement dans un troisième bassin ; puis c'est un bruit sourd et confus annonçant une succession de cataractes de plus en plus profondes.
   
Après avoir circulé dans les diverses couches du calcaire néocomien, les eaux vont se faire jour dans l'Ardèche par deux ou trois conduits souterrains.
On a remarqué, en effet, que deux sources situées sur la rive droite, dans le voisinage du Pont-d'Arc, grossissent subitement et sortent avec violence pendant les averses torrentielles. Un autre fait corrélatif se produit alors à l'entrée du gouffre de la Goule : son canal actuel trop étroit, ne peut débiter le volume des eaux et le bassin se convertit en lac, pendant l'espace de quelques heures, à la manière d'un entonnoir qu'on emplit de vin.
   D'autres cavernes parallèles à celles de la Goule, aujourd'hui à sec, ont dû servir autrefois de conduit aux eaux pluviales de l'immense entonnoir de la Goule.
   Le sol, couvert de beaux mûriers, est une terre alluvienne siliceuse et rougeâtre, très-fertile.
   Les couches rocheuses appartiennent au calcaire néocomien à Dicérates, de l'étage supérieur.
   La nature a encore formé une excavation analogue à celle du gouffre de la Goule, moins la chute d'eau, dans un massif conique du même terrain néocomien, isolé et érodé par le courant actuel du Rhône et par un ancien courant, maintenant suivi par la route nationale de Viviers à Bourg-Saint-Andéol. Cette excavation se voit près du sommet du cône, du côté ouest, visant sur la route, à 2 kilomètres de la ville de Viviers, Elle commence par une petite ouverture ronde de 25 à 30 centimètres, exempte de toute fente extérieure, qui s'élargit ensuite et descend perpendiculairement jusqu'au niveau du Rhône. Le bruit d'une pierre qu'on y laisse tomber arrive sonore à l'oreille après le premier et le second choc contre les parois de l'abîme. Puis il s'affaiblit et s'éteint, au bout d'une minute, comme un murmure lointain. La distance parcourue, d'après la durée du temps, indique une hauteur de près de 100 mètres.
   La formation de ces deux abîmes souterrains a la même cause originelle que celle du Pont-d'Arc, des grottes et autres excavations, ainsi que nous l'avons déjà expliqué. C'est encore de la même manière et dans le même calcaire néocomien, que se sont formées la grande source de Rochemaure, qui prend sa naissance aux mines de Privas, et celle de Tourne, à Bourg-Saint-Andéol, où se trouve sculpté l'antique bas-relief du dieu Mytras, dont j'ai donné la description et l'explication dans l'Annuaire de l'Ardèche de 1865. »