FOUSSOUBIE et autres cavités voisines (Ardèche, France)                              www.foussoubie.fr

 

 

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ALBIGNY Paul (1831-1912)
13, 14 et 15 septembre 1879.
Exploration de la vallée de l'Ardèche,
de Vallon à Saint-Martin,
par la section de Vals et des Cévennes
du Club Alpin Français
(1879)

ALBIGNY Paul (1879) Exploration de la vallée de l'Ardèche, de Vallon à Saint-Martin, par la section de Vals et des Cévennes du Club Alpin Français ; Imprimerie centrale de l'Ardèche (Privas) {in-8° 74p.}

  Extraits

Exploration de la vallée
de l'Ardèche…

Extrait "Gouffre de la Goule"
{p.12, 14/15 et 20}

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26.11.2018 au 30.11.2018

Cavité(s) ardéchoise(s) citée(s) [Extrait seulement] :
Chaire [grotte de la], p.12
Chaumadou [grotte de], p.14
Foussoubie [goule de], p.14
Grand Aven, p.15
Pont-d'Arc [grottes dans les piles du], p.15
Vache [grotte de la], p.14

Vanmale (source de], p.20

Réédition (1997) couv.
La Bouquinerie (Valence)

   Paul d'Albigny (1831-1912), journaliste et historien, était directeur de l'Imprimerie centrale de l'Ardèche à Privas (liquidée en 1911) et fondateur en 1893 de la Revue du Vivarais, de son vraie nom "Revue historique, archéologique, littéraire et pittoresque du Vivarais". Elle est le plus ancien des périodiques qui se consacrent à l'étude du passé en Ardèche.
   Son plus célèbre ouvrage est "L'AUBERGE DE PEYRABEILLE" en Ardèche appelée aussi "L'AUBERGE ROUGE".

   Voir plus de détails sur Médarus ou sur le site de La Bouquinerie.

p.12 [Grotte de la Chaire]
« Après avoir laissé sur notre gauche et sur les rives de 1'lbie, les grottes explorées de Louoï, les grottes anciennes et les grottes nouvelles, la grotte du Devès, nous voyons sur notre droite, dans les flancs de la falaise, la Grotte de la Chaire, à la hauteur de Chazarel.
   Peu au-dessous de ce point, la flottille franchit le premier gué, suivi d'un rapide qui […]
»

p.14/15 [Goule de Foussoubie]
« Nous apercevons bientôt, à droite, l'embouchure mystérieuse de la Goule de Foussoubie, cette rivière à demi souterraine, qui, de la Bastide-de-Vriac, descend par un étroit vallon jusqu'au bord de l'Ardèche, et y déverse ses belles eaux mêlées à celles du versant de Barjac, par un invisible conduit, en partie obstrué depuis quelques années, par des éboulements souterrains.
   On devine, plutôt qu'on ne le voit, le point d'émergence de cette énorme source, dont l'embouchure n'est marquée que par une verdure plus intense, une végétation plus luxuriante, et un dépôt peu étendu de sables et de rochers qui blanchissent sous le sombre couvert des hautes broussailles.
   La Goule de Foussoubie nous annonce les abords du Pont-d'Arc. A cet endroit, la rivière d'Ardèche, dont les eaux, depuis le pont de Vallon, coulaient du nord-ouest au sud-est, décrivent un coude très brusque et prennent, jusqu'au Pont-d'Arc, une direction fortement accentuée de l'ouest à l'est, pour redescendre non moins brusquement du nord au sud, après le coude formé par le Pont-d'Arc.
   Aussi, n'est-ce qu'à peu de distance de ce pont naturel, d'un si prodigieux aspect, qu'on peut l'apercevoir à certain détour de la rivière. Mais d'un peu plus loin déjà, l'aiguille ou la Roche du Moine, sentinelle pétrifiée, toujours en vedette sur la rive droite du pont, qu'elle domine par sa haute et bizarre silhouette, marque dans l'espace le point précis où s'élève le Pont-d'Arc.
   Nous laissons à notre gauche la Grotte de Chaumadou et celle de la Vache. Nous franchissons un rapide assez long sur lequel nos barques talonnent çà et là en filant comme des flèches.
   A sept heures et dix minutes, nous nous trouvons en face et à une portée de pistolet du Pont-d'Arc, qui se présente aux regards surpris, car ce n'est qu'au détour d'un de ces coudes nombreux que décrit l'Ardèche, qu'on se trouve à portée de voir et d'admirer ce merveilleux travail du temps et des eaux, dans cette puissante masse de calcaire grisâtre qui formait jadis un formidable barrage aux eaux de la rivière.
   Un peu avant d'arriver à ce point, et sur la falaise de droite, se voit une immense cheminée naturelle ouverte dans le rocher et par laquelle on descend des bois supérieurs, pour venir prendre la berge de l'Ardèche. C'est là une de ces mille fantaisies de la nature qui semble s'être complue à produire dans ces roches caverneuses les plus étranges découpures, les plus extravagantes issues.
   Mais devant le Pont-d'Arc, l'œil est vivement sollicité par la grandeur du tableau et la beauté du site.
   Tout y est en harmonie, tout y est disposé avec cet art infini des proportions, de la couleur et de la perspective, qui donnent un si puissant attrait aux chefs-d'œuvre immortels des grands maitres, et la nature les surpasse tous dans les hautes fantaisies de son divin caprice.
 »

p.20 [Source de Vanmale]
« On jette encore un regard sur cette superbe voûte du Pont-d'Arc, dont l'œil a peine à se détacher tant qu'il peut en étudier les proportions et les détails, et bientôt, comme toutes choses en ce monde, l'image s'efface dans le lointain et disparait au détour du rivage ainsi qu'un beau rêve au matin.
   Les barques glissent sur une surface unie et calme.
   Des bois de chênes verts s'étagent à droite, et couvrent de leur sombre manteau les escarpements et la gorge qui montent à La Bastide-de-Virac. Un panâche de fumée bleuâtre s'élève de ces verts fourrés ; c'est une de ces charbonnières qui forment un des mode les plus habituels d'exploitation de ces vastes taillis.
   Tout près de là, surgit et coule vers l'Ardèche, la fontaine de Vanmale, source abondante et fraiche connue des pêcheurs et des chasseurs du pays.
   A sept heures et demie, nous sommes à la hauteur de la grotte et des ruines de ce que l'on est convenu d'appeler le Château d'Ebbou.
»

 

   L'édition (1997) par La Bouquinerie (Valence) rajoute des illustrations dont celle du Gouffre de la Goule et environs du Pont Darc issue du t.3 de SOULAVIE (1780) gravée par M. DUPAIN - TRIEL Jean-Louis, ingénieur géographe du Roi.